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Chrysalide et papillon

Bonjour,

Le site sur lequel vous êtes actuellement a été imaginé à l’époque où la Mystérieuse Librairie Nantaise n’était qu’à l’état d’embryon. Elle n’avait d’ailleurs même pas de nom. Issu de la plateforme WordPress, ce blog a bien rempli son office de fédérateur de lecteur et de diffiseur d’informations.

A présent, nous en avons exploré les limites et nous constatons que nos besoins ont évolué.

C’est pourquoi depuis quelques mois, un nouveau site était petit à petit élaboré à l’abri des regards. Aujourd’hui, le voici prêt ! Bien sûr, il n’est pas exempt de petites approximations qui seront modifiées prochainement. Mais le petit papillon est là !

Et hop c’est parti…

ici 

http://mysterieuse-librairie.fr/

De l’un, des dés, des pendants : de l’indépendant

4 parutions pour la collection vingt-quatre de l’employé du moi:

 Le type de la photo de Thomas Mathieu : un homme et une femme, chabadabada chabadabada, se promènent dans la rue, ils flânent, prennent des photos et se prennent au jeu de suivre un inconnu en filature tout en s’inventant les vies possibles de l’homme en question . un arrière goût de fenêtre sur cour, mais sympathique . 

Du shimmy dans la vision de Pascal Matthey, les délires enfièvrés d’un enfant se mêlent avec les images de télévision issues des bijoux de la castafiore, lorsque Tournesol s’occupe du réglage, les images s’enchaînent, l’esprit fait le reste . Cet ouvrage est issu d’une proposition sonore lors des 24h de grandpapier.org .

Muriel de Anne simon & Sandrine Martin, Muriel débarque en prison, elle est tellement sous le choc, elle ne se rappelle rien . Est-ce le traumatisme de son geste, est-elle innocente, est-ce que cette curieuse thérapie sonore va l’aider ?….

Chipies de Johan Massez, deux indécrottables semeuses de zizanie, perturbent d’abord leur leçon de musique mais vont s’attirer les foudres d’un épicier et d’une bande de garnements . Elles vont devoir apprendre à assumer leurs actes…

Bon vent pour cette nouvelle collection : vingt-quatre à l’employé du moi .

Canopée, voici le nouvel album de Karine Bernadou chez Atrabile, l’auteur de Croqueuses aux éditions Delcourt et de La femme toute nue chez Sarbacane .

Honnêtement, c’est le genre d’album que vous appréciez le plus quand on vous en parle le moins avant . Telle la petite fille qui grandit, laissez vous conduire dans cette forêt qu’est la vie où les grands méchants hommes vous attendent au détour du chemin . L’image du père est omniprésente, le bestiaire de ses rencontresdes plus fournis : tournesol humain, homme sans visage … Il faut se laisser aller, se laisser charmer par son dessin et partir de l’autre côté de l’arc-en-ciel .

Aux éditions Tanibis, voici Les monstres aux pieds d’argile de Alexandre Kha, reccueil de 6 nouvelles inspirées de classiques de Kafka ou d’E.T.A. Hoffmann… Bestiaire insolite, un singe qui s’est trop bien intégré dans notre société, le Minotaure dans la société moderne, une promesse qui amène à la perte se son reflet et de son ombre . voici un enemble de fables modernes teintées de l’austérité des classiques du fantastique .

Vous êtes vous déjà posé La Question, que peut-on bien faire dans la vie lorsque l’on nait avec un handicape tel que naître avec un pouce à la place du nez, Besseron lui l’a fait . Les scientifiques ont-ils de l’humour en toutes circonstances, Besseron lui l’a fait . Qu’elle est l’espérance de vie d’un extra-terrestre déguisé en lapin dans un bar à chasseurs lors d’un apéro déjà avancé, Besseron lui l’a fait . Est-ce que j’arriverai à faire marrer au moins un mec si je dessine une BD d’histoires courtes complètement allumées, Besseron lui l’a fait avec Snack aux éditions Même pas mal, c’est lui également qui nous avait pondu le pas sérieux Mélo biélo chez Desinge&Hugo&cie .

Si jamais vous n’avez pas le temps d’aller marcher, de vous détendre au grand air, d’appréciercette spontanéité d’un tête à tête avec un sanglier, contentez vous de La vie en montagne de Fabio Ruotolo, publié par Pavesio, l’auteur y propose des petits moments de vie, des événements qui gonflent la poitrine et vous gorgent de souvenirs impérissables . La bonhommie de son trait accentue le ridicule des situations, la sensibilité de ses personnages, et il comble l’absence presque totale de textes .

Une petite touche de sérieux avec De l’autre côté de Simon Schwartz chez Sarbacane, nouveau récit ou un auteur nous donne l’occasion de partager un des évênements atypiques de notre histoire : comment ses parents sont passés de la RDA en RFA . Depuis Goodbye Lenine, La vie des autres, nous avons de plus en plus de témoignages sur un pays situé en plein coeur de l’Europe, mais qui a tenu toute une population dans une ignorance et un déni du monde extérieur. Simon était trop jeune pour comprendre pourquoi lui pouvait voir sa famille des deux côtés du mur, pourquoi une partie des membres de sa famille ne leur ont plus adressé la parole pendant des années : « Et pourquoi au jardin d’enfants, ils ont tous deux mamies et deux papis, et pas moi ? »

L’album bénéficie d’une clarté des propos, d’une mise en page agréable, plein de bonnes choses pour vous faire passer un bon moment .

ah ben c’est sûr, si tu ne fais pas de chroniques …

Ah ben c’est sûr, si tu ne fais pas de chroniques pendant une semaine : ça s’accumule, si tu n’es pas encore débordé, t’inquiète… ça va venir. De plus, on peut dire que les éditeurs ne chôment pas, à moins que ce ne soient les auteurs qui triment pour une simple écuelle d’eau. Remarque Sfar devrait pouvoir récupérer quelques gouttes de champagne à Cannes.

 Titeuf, l’Elève Ducobu, les Schtroumpfs, le Chat du Rabbin, les X-men …c’est à se demander si le cinéma n’a pas déclaré la guerre au milieu de la BD : « Eh, arrêtez de nous piquer les lecteurs. Même s’ils sont soit disant analphabètes, – les vendeurs, je ne vous en parle même pas – au moins ils ont ce qui se rapproche le plus d’un livre entre les mains… ». Je m’égare, cela fait une paye que je ne suis pas allé au cinéma, du coup j’ai eu le temps de lire un peu .

Du manga : « Je ne suis pas un homme » de Usamaru Furuya, aux éditions Casterman, ou comment un pauvre petit gosse de riche glisse sur une peau de banane et se fait mal. Plus sérieusement, ce récit fait beaucoup de bruit au Japon aussi bien pour le roman que pour son adaptation au cinéma. Usamaru Furuya se met en scène, à la recherche du sujet de son prochain ouvrage, il en vient à consulter le site informatique d’un jeune homme dont le récit le capte bien plus qu’il ne pouvait s’y attendre. Issu d’une famille très aisée et doté d’un charisme ensorcellant, Yôzô Oba a toujours fait en sorte de convenir à l’image que ses interlocuteurs semblaient attendre de lui. Les trois photos de sa page d’accueil le dévoilent à 6, 17 et 25 ans et la métamorphose est sidérante entre les deux dernières. Qu’est-ce qui a poussé ce garçon a rejetté le système qui le berçait, lui garantisssant un avenir à l’abri du besoin ? Drame physique et social, ce n’est pas du voyeurisme que de s’attarder sur le parcours et la déchéance de Yôzô Oba . La grande force de tout ceci : le roman date du début xx° siécle, l’histoire se déroulait fin des années 20, et l’adaptation qui nous est proposée s’insère très bien dans notre époque . Je vous conseille également le film d’animation sorti en DVD en début d’année La déchéance d’un homme, distribué par Kaze, à savoir que cette version est beaucoup plus fidèle au roman d’origine .

« La fin du monde, avant le lever du jour » de Inio Asano, ce one-shot de la collection Made in aux éditions Kana est un petit bijou. L’ouvrage est un reccueil de plusieurs nouvelles, les portraits de personnages qui se croisent, la même journée d’une famille vue par les trois membres séparément, les retrouvailles d’anciens camarades de lycée… Cet album allie sensibilité et cruauté de la vie, les personnages aux joues empourprées par le froid ou les émotions qui jaillissent s’opposent avec justesse à la profondeur du reccueillement de ses personnages torturés illustrée par des cases plus sombres et emplies de détails ou d’effets visuels .

Ce que je vous propose ensuite, c’est un virage radical : de la délicatesse d’un film de Kurozawa, passons à la fièvre délirante d’un film de Miike:

Deux tomes 1, « Drifters » et « Black joke » pour un one shot « Innocent » . « Drifters » de Kohta Hirano, qui n’est autre que l’auteur du très perturbé « Hellsing », perle du manga d’horreur déjanté. De Billy le Kid à Jeanne d’arc, en passant par tous types de combattants qui se sont illustrés au cours des affrontements qui ont teinté l’histoire, des guerriers se retrouvent au moment de leur mort, projetés dans un corridor où ils croisent brièvement un égnigmatique bureaucrate qui ne pipe mot. Ils passent illico presto dans un univers où une guerre de grande échelle fait rage. Choisis, élus … quel que soit le terme, l’apprentissage de chacun se fait au fur et à mesure des éléments qu’il assemble :

Le kamikaze qui n’a encore croisé personne qui se retrouve, lors de l’assaut d’un château, face à une meute de dragons, pourquoi irait-il se poser des questions ? On tire dans le tas, on verra le reste plus tard !

« Blake Joke », de Masayuki Taguchi et Kintaro Koike, voici l’opportunité d’apprécier une nouvelle fois le trait du dessinateur de « Battle Royale ». Bienvenue à Neon island, ce n’est pas un paradis tropical mais l’alternative  proposée, suite à l’intégration du Japon comme 51° état des Etats-Unis, pour contenir tout le marché illicite de la drogue, de la prostitution … en un seul endroit, réglementé et encadré. Kiyoshi Kira est l’homme, accompagné de l’innébranlable Doji Kodama, chargé de la sécurité et du bien être des clients de l’hôtel Honsen. Il s’occupe aussi bien du personnel, que des menues attentions offertes aux clients . Sexe, violence, scènes à la moralité douteuse, cela en fait à mes yeux un petit bijou .

Le petit dernier, « Innocent » chez Ki-oon est la collaboration entre orient et occident :Avi Arad, Junichi Fujisaku ainsi que Ko Yasung .C’est l’histoire d’un mec, il est mort, c’est pas juste. Mais comme il était pas tout à fait un saint, il peut pas rentrer au paradis, le mec. Il s’apelle Ash, le mec . Alors Dieu à dit :  » t’as du feu mec ? « 

– AAAAHHH, non arrêtez, lâchez moi, bande d’enmmffmf …..

-Lâche le manga, lâche le manga, tout va bien, calme toi, on va continuer à ta place, c’est pas grâve

-Je crois qu’on a encore perdu un libraire, putain de guerre, putain de Vietnam…

Veuillez nous excuser pour les diggressions de notre malheureux collègue qui mérite un long séjour dans un endroit calme, paisible .

 Ash est effectivement mort, face à cette injustice, le ciel le renvoie sur terre, avec pour mission de sauver ceux qui se retrouvent dans une situation similaire à la sienne . Le hic, dès sa première personne à aider, son passé rejaillit. Il découvre des éléments autour de sa mort et cherche à se venger. Ash ne doit pourtant pas oublier que c’est le ciel qui l’envoie et que certaines règles, il ne peut les enfreindre .

Et là, le petit chat renverse le bol de lait …

Merde, t’as laissé la porte ouverte… Euh, à bientôt pour de nouvelles aventures…                                                                                               …Prends le fusil et le lâche pas cette fois .

T’as pensé à couper l’enregistrement  ?

un petit noir pour deux grands blancs

Bienvenue dans le monde impitoyable de l’édition où les auteurs ne dorment jamais… en tout cas, où ils ne mangent pas beaucoup.

Pour L’infiniment moyen de Fabcaro, nul doute qu’il est passé par une période d’ascétisme pour délirer autant : de la vie de bureau aux vacances, des amis au chien du voisin, toutes les scènes de la vie se succèdent avec une histoire par planche. Si effectivement le dauphin est plus intelligent qu’un chien, pourquoi fait-il  la gueule dans sa niche ? Qui ne rêve pas d’avoir son jeu « identité nationale » pour Noël cette année ? Par contre, la prochaine pub contre le téléchargement illégal des films est quasi insoutenable ! La campagne qui débute aujourd’hui contre le tabac, à coté c’est rien… Peut-on rire de tout et avec tout le monde…? Je n’ai pas fait sous moi – comme à chaque fois que je relis Idées noires deFranquin – mais j’ai passé un super moment de poilade. C’est pas tout ça, mais je ferais bien une partie de jokari maintenant .

Pour se rafraîchir en ces temps de premières chaleurs, que diriez-vous d’une petite ballade, remonter l’océan atlantique, se laisser porter jusqu’en Islande, pays des Vikings ? A la barre de notre drakkar, Jean-Paul Krassinsky et Marc Védrines, les auteurs de La saga des brumes aux éditionsGlénat. A notre bord, Einar et son frère Olaf ainsi que leurs compagnes, bannis pour avoir amener la discorde contre le clan deThorsteinn. La survie sera rude et l’île ne sera pas spécialement paradisiaque…Pour tous ceux qui ont aimé Messire Guillaume .

Si l’Islande est encore trop tempérée à votre goût, le paradoxe vous amènera à lire Celle qui réchauffe l’hiver de Pierre Place aux éditions Delcourt, ouvrage dirigé par David Chauvel. L’histoire des peuples du Grand-Nord, de Aamat « celle qui rechauffe l’hiver », cette jeune femme, survivante des conditions rudes de l’hiver qui pousse parfois les habitants aux sacrifices les plus extrêmes.

Pourtant, cet ouvrage vous offre une succession de récits autour de Aamat, drôles ou attachants, teintés de mysticisme et montre comment leur univers évolue avec l’arrivée des comptoirs de ventes.

L’univers graphique est captivant, à vous donner des rêves d’ours pôlaire ! Le petit plus, si ce genre d’univers vous intéresse, essayez de voir le film Atanarjuat, un summum visuel .

shake shake shake …

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Move your body and come on in my « librairie » (en français dans le texte ) ; que diriez-vous d’une petite sélection, selon que vous souhaitiez travailler les zygomatiques ou bien les méninges, jouer du couteau ou de la corde sensible : welcome in my world !

Commençons avec les bouquins les plus barrés voulez-vous :

West terne, ou comment les tuniques bleues se sont retrouvées isolées derrière leur grande clôture sensée les protéger des vilains Apacheros. Seulement voilà, les femmes ont disparues et il va falloir monter une expédition en territoire ennemi, incognito. Michel Galvin nous présente son nouvel album chez Sarbacane, avec une sur-enchère de grotesque et d’idées pas si farfelues que ça : John Wayne n’a qu’à bien se tenir.

Avec Fables Nautiques de Marine Blandin, petit format de la collection Shampoing chez Delcourt, c’est une invitationvers les grands fonds d’un bassin  de piscine. Mine de rien, on met son maillot, on trempe quelques orteils, et sans s’en apercevoir on est parti pour une apnée jusqu’au terme de la BD. Tout commence avec cette scène touchante d’une petite fille qui vient donner une carotte à son ancien lapin domestique qui repose maintenant dans un cimetière qui va devoir céder sa place à une piscine. Nous retrouverons cette petite fille en petite vieille, terroriste activiste, bombardant inlassablement chaque soir, un des bassins à l’aide d’une carott . Un des maitre-nageur n’a de cesse d’essayer de lui mettre le grappin dessus, mais il se passe d’autres phénomènes inexpliqués : les cuisseuses sont en route, ce n’est pourtant pas la période de leur migration ; Gormone, la danseuse aquatique ne se plait plus dans son palais, les 3 du jacuzzi veulent de nouveaux potins ; et c’est quoi cette histoire de baleine ?

James & La tête X, ces deux là nous offre dans  l’épi aux éditions 6 pieds sous terre un petit précis d’humour autour du monde du travail. Avec sa série Dans Mon Open Space, James relatait les débuts tumultueux d’un stagiaire fraîchement débarqué dans le monde du travail. Là , on se retrouve avec le travailleur qui est déjà conditionné, qui sait pertinamment qu’il se fera engueuler demain par son patron, qui rêve du jour de l’abolition du port de la cravatte … un recueil d’histoires courtes désopilantes .

Voici un match de foot qui résume assez justement ce que je pense de ce sport et de tout ce qu’il véhicule : Athlétic Sport Saint-Etienne – Olympique Lyonnais , ou A.S.S.E./O.L. , ou encore Ass hole . Saint-Etienne – Lyon, c’est l’histoire d’une famille qui rêvait d’assister au match de leur équipe préférée, mais en déplacement…

Du coup , ils ont voulu prendre l’avion , le premier signe qui aurait dû leur mettre la puce à l’oreille, c’est d’avoir oublié la mère à la maison, ou plutôt, en train de courir derrière la voiture. Les preneurs d’otages du front de liberation de la Savoie, c’était peut-être trop évident, mais bon, un petit séjour sur une île après un crash d’avion, cela aide à relativiser, d’ailleurs ne dit-on pas :  » Le nain au sommet de la montagne n’est pas grand pour autant  » -proverbe gréco-japonais .

En ce qui concerne la grande claque visuelle, et l’univers qui mérite que l’on se perde dedans, bienvenue dans CE de Roosevelt auto-édité auxEditions du Canard. Nous en sommes au cinquième sur les onzes tomes de prévus pour cette série qui ose !

J’ai toujours été sous le charme du trait deRoosevelt, créateur du personnage de Juan Alberto, mais  pour cette fois, il nous entraîne de l’autre côté du miroir, avec cet immortel qui ne devrait pas rêver, mais qui du coup se voit ouvrir de nouvelles perspectives. Le fait de passer successivement d’un monde à l’autre va le perturber encore plus, l’amour, la violence, la folie … bienvenue dans le monde de CE .

Un Amour Simple de Bernard Grandjean à La boîte à bulle, collection contre-jour, plein  de poésie et de délicatesse pour cette oeuvre qui raconte l’histoire d’amour de deux résidents d’un asile psychiatrique et qui vont vouloir partir voir la mer. La réussite de ce livre, outre le côté touchant, c’est d’alterner l’humour avec le travail de ceux qui aident ces personnes au quotidien, la moindre sortie au super marché deviens une épreuve digne d’Ulysse. Ce n’est bien évidemment pas une grande nouveauté, il y avait le film  » le Huitième Jour  »  qui était efficace, mais Un Amour Simple a ce charme des lectures simples.

récits de vie , suite …

« L’histoire de Sayo » de Giovanni Masi et Yoshiko Watanabe aux éditions Dargaud. Cet ouvrage présente Sayo, jeune mère d’une petite fille de un an, Miyako, petit bout de chou débordant de vie et de curiosité. Avec son mari, ils résident en Chine, suite à la colonisation par le Japon. Les chinois se sont vus dépossédé d’une partie de leurs biens, donc lorsque le vent tourne en 1942 et que les résidents se retrouvent coupés de la mère patrie, il n’y a pas que l’isolement qui va les marquer mais également le rejet et la pénurie de tout. Sayo, enceinte d’un deuxième enfant, va habiter avec sa sœur (veuve avec deux enfants), voit son mari mobilisé de force, croise d’autres Japonais… Certains disparaîtront en Mandchourie lors de l’avancée russe, d’autres profiteront du malheur de leurs concitoyens pour faire fortune grâce au marché noir.

Cet ouvrage est intéressant au même titre que les récits de ceux qui ont connus les camps sur le territoire américains et autres témoignages d’événements peu ou pas médiatisés. Surtout, on peut très bien l’inscrire dans une partie des œuvres d’Osamu Tezuka qui sont consacrés à l’évolution des Japonais et de leur culture depuis l’ouverture des territoires et du commerce avec l’étranger. L’arbre au soleil, traite de la période Meiji, par les yeux de deux hommes. L’un samouraï va voir ses codes et références s’écrouler, tandis que l’autre, médecin, va découvrir la chirurgie grâce aux livres introduits en cachette sur le territoire. Ayako est la petite fille d’une famille de propriétaires terriens qui vont tout perdre au sortir de la guerre : les richesses et les terrains étant saisis et redistribués. Le père de famille va négocier en douce avec le fils ainé pour l’héritage ; le deuxième enfant revient après avoir été fait prisonnier par les Américains apportant la honte et le déshonneur sur sa famille ; la fille, étudiante va fréquenter les nouveaux mouvements sociaux et politiques qui tentent une nouvelle percée dans ce pays qui doit se reconstruire. Toute l’œuvre est basée sur des événements réels, notamment toute la partie sur la reconstruction du chemin de fer, mais tient sur la chape de mensonges, tromperies … que toute la famille d’Ayako entretient. L’histoire des trois Adolf , Barbara , Shumari , Gringo et Ikki Mandara s’inscrivent également dans cette anthologie .

v’là le printemps

Il fait beau, mais un peu frais en ce moment, encore une bonne raison pour ouvrir un  bouquin ou deux, voire plus. Nous avons la chance d’être trois en magasin, ce qui permet pour vous d’avoir des conseils de lecture assez diversifiés. Mais parfois, nous applaudissons à l’unisson : on vous a conseillé « L’Education des Assassins », et ceux qui nous ont suivis sur ce choix, ma foi, ont été satisfaits.

Avec « Les légendes de la Garde » de David Petersen paru chez Gallimard, nous nous adressons à toute la famille. Cette série comportant deux tomes traduits en France, nous plonge dans un univers onirique peuplé de souris – La Garde – les défenseurs du royaume, face à tous leurs prédateurs, serpents, hibous … Mais face aussi aux traitres au sein de leur communauté. Dans cet univers médiéval, les saisons se succèdent… A l’automne, le premier tome, nous découvrions une jeune recrue intégrer cette prestigieuse ligne de défense. Son apprentissage se fit aux côtés de soldats aguerris et des noms légendaires, surgis du passé, qui vont l’inspirer. « Hiver 1152″, la morsure du froid y est palpable et la nature vue par les yeux d’une souris vous marquera bien plus que vous ne pouviez l’imaginer.

« AX anthologie volume 1 » aux éditions Lezard noir. Pour les allumés du bulbe comme moi, voici une occasion de (re-)découvrir un florilège du manga indépendant de ces 40 dernières années, avec pas moins de 33 auteurs. Ce volume reprend des publications du magazine Garo (1964-2002) et AX son successeur. Bien évidemment, c’est un ouvrage pour public averti, et si vous étiez choqué en feuilletant les séries qui sont proposés au grand public, pour leur violence ou bien leur érotisme, abstenez-vous d’ouvrir cet ouvrage. En revanche, si vous souhaitez découvrir l’étendue de ce que ce média peut vous proposer, la culture nippone, ses bestiaires et ses tabous : précipitez-vous !!!

Voici également l’opportunité de vous dire que nous avons développé le rayon manga indépendant en y intègrant des titres d’auteurs présents dans AX , et d’autres , tous publiés dans les maisons d’éditions suivantes : Imho, Matière, Picquier, Le lézard Noir, Ego comme x, Casterman (collection sakka), Kana (collection made in), Cornelius, Flblb, Dargaud et Soleil (collection quadrants) .

Et pour finir en toute beauté, pour se payer une bonne tranche d’humour, éclatez-vous avec Jésus et Bouddha qui sont venus passer quelques jours parmi nous, histoire de se détendre un peu après ces deux derniers millénaires. Au fait, c’est Jésus qui ressemble à Johnny Depp , ou l’inverse ?