« L’histoire de Sayo » de Giovanni Masi et Yoshiko Watanabe aux éditions Dargaud. Cet ouvrage présente Sayo, jeune mère d’une petite fille de un an, Miyako, petit bout de chou débordant de vie et de curiosité. Avec son mari, ils résident en Chine, suite à la colonisation par le Japon. Les chinois se sont vus dépossédé d’une partie de leurs biens, donc lorsque le vent tourne en 1942 et que les résidents se retrouvent coupés de la mère patrie, il n’y a pas que l’isolement qui va les marquer mais également le rejet et la pénurie de tout. Sayo, enceinte d’un deuxième enfant, va habiter avec sa sœur (veuve avec deux enfants), voit son mari mobilisé de force, croise d’autres Japonais… Certains disparaîtront en Mandchourie lors de l’avancée russe, d’autres profiteront du malheur de leurs concitoyens pour faire fortune grâce au marché noir.

Cet ouvrage est intéressant au même titre que les récits de ceux qui ont connus les camps sur le territoire américains et autres témoignages d’événements peu ou pas médiatisés. Surtout, on peut très bien l’inscrire dans une partie des œuvres d’Osamu Tezuka qui sont consacrés à l’évolution des Japonais et de leur culture depuis l’ouverture des territoires et du commerce avec l’étranger. L’arbre au soleil, traite de la période Meiji, par les yeux de deux hommes. L’un samouraï va voir ses codes et références s’écrouler, tandis que l’autre, médecin, va découvrir la chirurgie grâce aux livres introduits en cachette sur le territoire. Ayako est la petite fille d’une famille de propriétaires terriens qui vont tout perdre au sortir de la guerre : les richesses et les terrains étant saisis et redistribués. Le père de famille va négocier en douce avec le fils ainé pour l’héritage ; le deuxième enfant revient après avoir été fait prisonnier par les Américains apportant la honte et le déshonneur sur sa famille ; la fille, étudiante va fréquenter les nouveaux mouvements sociaux et politiques qui tentent une nouvelle percée dans ce pays qui doit se reconstruire. Toute l’œuvre est basée sur des événements réels, notamment toute la partie sur la reconstruction du chemin de fer, mais tient sur la chape de mensonges, tromperies … que toute la famille d’Ayako entretient. L’histoire des trois Adolf , Barbara , Shumari , Gringo et Ikki Mandara s’inscrivent également dans cette anthologie .

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